Souvenirs du golfe de Gascogne …

Les deux coques de la Louloutte ont été adoptées ! Lorsque l’on navigue, se faire accompagner par une troupe de dauphins est une chose courante. Ils viennent souvent jouer à l’étrave des bateaux, profitant des différences de pression de l’eau à cet endroit. Ce qui l’est beaucoup moins c’est d’être accompagné durant plus de 48 heures par le même groupe! Yvan en est certain car l’un d’entre eux, blessé sur le flanc, porte des marques très caractéristiques. C’est donc une quinzaine d’individus qui ont pris la Louloutte et son drôle de passager sous leur nageoire et ils veillent sur ces deux là de jour comme de nuit. De temps en temps ils s’éclipsent, jamais plus d’une demie heure, certainement pour se trouver un maquereau à se mettre sous la dent, mais ils reviennent toujours.
Cette compagnie le réconforte un peu, car sinon il trouve le temps long, gris et froid … La couverture nuageuse assez dense le prive d’un peu de chaleur mais plus embêtant encore, d’énergie! Le plus gros consommateur électrique est son pilote automatique alimenté par des batteries, qui elles, sont rechargées par le solaire. Pas de soleil depuis maintenant trois jours, plus d’énergie et au final de longues heures de barre.
Et à la barre, c’est du près, du près, encore et toujours du près.
De toute façon, pour le peu d’électronique présent à bord, c’est la bérézina. Le capteur d’angle de barre du pilote auto est à changer, le pilote de secours ayant perdu son compas, il se dérègle en permanence l’obligeant à le re-régler toutes les dix minutes et à compenser constamment à l’aide de la télécommande. Pas très pratique quand il se fait à manger, quand il calcule son estime sur la carte (la couverture nuageuse l’empêche de faire un point astro) ou même alors qu’il fait sa vacation audio au téléphone … quant à se reposer, cela lui est simplement impossible. Soit il barre, soit il a le doigt sur la télécommande mais pas trop longtemps pour gérer le peu d’énergie restant dans les batteries, soit il doit quasiment arrêter le bateau pour prendre dix minutes de repos …
Et pour sa part, l’AIS (anti-collision) s’est mis en défaut sans en indiquer la raison…
Aujourd’hui, il vient de franchir la limite des 500 milles de distance lui restant à parcourir jusqu’à Ouistreham Riva-Bella. 500 milles (930 km) en ligne droite, mais avec les vents contraires qu’il rencontre actuellement, cela augmente la distance de facilement 30%, voire plus. Pour l’instant, il estime son arrivée sous 6 à 8 jours, soit entre le 21 et le 25 juin. A vos agendas…

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MEMORIES OF THE BAY OF BISCAY …

The two hulls of the Louloutte were adopted ! When you sail, be accompanied by a troop of dolphins is a common thing. They often come to play at the bow of the boat, taking advantage of the differences in water pressure there. What is much less common is to be accompanied during more than 48 hours by the same group ! Yvan is certain, because one of them, wounded on the side, shows some very characteristic marks. This is about fifteen dolphins that took the Louloutte and his strange passenger « under their fin » and they watch over them day and night. Occasionally they disappear, never more than half an hour, certainly for finding some mackerel to eat, but they always come back.

This company comforts him a little, because otherwise he finds the time quite long, gray and cold … The dense cloud cover deprives him of a little heat but more annoying, of energy ! The biggest consumer is the electric autopilot powered by batteries, which are recharged by …solar. No sun since now three days, no more energy and long hours at the tiller.

And at the tiller, it’s close-hauled, close-hauled, still and again close-hauled.

Anyway, for the few electronics on board, it is a disaster. The auto pilot rudder angle sensor is to replace, the backup pilot having lost his compass, goes wrong constantly forcing him to re-adjust every ten minutes and constantly compensate using the remote control. Not very practical when he prepares his meal, when he calculates his dead reckoning on the map (cloud cover prevents him to make an astro point) or even while he makes his audio sessions on the phone … having a rest, it is simply impossible. Either he’s at tiller or he’s got his finger on the remote but not too long to manage the little remaining energy in the batteries, either he must practically stop the boat to take ten minutes rest …

And for its part, the AIS (anti-collision) fell into default without stating the reason …

Today, he has crossed the limit of 500 miles distance remaining to him to go to Ouistreham Riva Bella. 500 miles (930 km) in a straight line, but with headwinds he is currently experiencing, this increases the distance easily of 30% or more. For now, he estimates his arrival in 6-8 days, between 21 and 25 June. Save the date!