Retour sur une traversée mouvementée

Yvan revient sur la traversée « sportive » de l’Atlantique qu’il vient de terminer et les conditions difficiles rencontrées. Le tout en image puisque même en solitaire Yvan a pu ramener quelques contenus pour mieux comprendre ce qu’il vient de vivre.
Prochain étape : Martinique – Panama, départ prévu le jour de Noel, mais avant cela un chantier de remise en état du bateau est au programme, plus un peu de repos pour notre aventurier !

Ci-dessous une petite interview d’Yvan à son arrivée :

La Dépêche du Midi – 11 décembre 2013

Voile. Tour du Monde. Bourgnon a frôlé la mort dans la traversée de l’Atlantique.

Yvan Bourgnon, lancé dans un inédit et périlleux tour du monde en catamaran de sport, est arrivé hier à la Martinique après une éprouvante traversée en solo de l’Atlantique depuis les Canaries.

Les conditions de navigation ont-elles été très rudes ?

J’en ai rarement bavé comme ça. C’était un truc de psychopathe. J’ai eu tous les types de temps : alizés, dépressions, pétole, orages… Des vents de plus de 60 nœuds ! Dans un orage, je me suis retourné comme une crêpe et le bateau m’a remorqué au bout de ma ligne de vie. J’ai paniqué, je n’arrivais pas à rejoindre le catamaran. J’ai lutté comme un fou, comme un féroce, et je suis quand même arrivé à le rattraper, à le redresser. Après, j’ai eu trois jours au près, dans cinq mètres de creux. Je me suis fait secouer dans tous les sens. Et le retour des alizés n’a pas été mieux : j’ai eu des grains à répétition, avec 45 nœuds de vent.

Est-ce que vous vous attendiez à ça ?

Je m’attendais à quelque chose de très difficile mais pas à ce point. En prendre autant dans la gueule, c’est un truc de fou ! J’en ai seulement profité lundi, avec de belles glissades. J’ai maigri de 3-4 kg mais je suis arrivé à m’alimenter avec des plats lyophilisés. À part des démangeaisons un peu partout, je vais bien. Dormir, ça a été difficile. Jamais plus de 10 minutes. Le reste du temps, tu te cramponnes comme tu peux, car ça gigote dans tous les sens.

Est-ce que vous regrettez d’avoir continué en solo après le retrait de votre coéquipier Vincent Beauvarlet ?

Non. C’est tellement dur, ça représente un tel engagement physique et moral, que je comprends qu’on décroche. À deux, j’en aurais peut-être moins bavé. Ce que je fais n’est pas recommandé à tout le monde. C’est hyper dangereux. J’ai failli me retourner 150 fois.

La Dépêche du Midi