Retour sur la traversée Martinique – Panama

Yvan revient sur sa traversée rapide de la Mer des Caraïbes :

« Après une longue escale magnifique au marin, quel bonheur de reprendre la mer, les conditions sont parfaites: une alizé modéré sans grains, sans orages.

Pour la première fois depuis le début du défi je peux enfin exploiter mon petit catamaran sur des glissades interminables. Je suis très surpris par la vélocité de mon petit engin, la récompense est enfin au rdv, il faut dire que la traversée de l’atlantique avait été plus que tumultueuse avec beaucoup de vent.

Sur la fin de la 2eme journée, alors que j’avale les milles avec une facilité déconcertante dans cette conquête de l’ouest, je me fais surprendre par le seul grain de toute mon étape avec toute la voilure en place. Malgré mon intervention sur les voiles, je chavire par l’avant et j’arrive à m’agripper au bateau avant qu’il ne m’échappe comme lors de mon 1er dessalage au milieu del’Atlantique. Je me retrouve de nuit sans lumière à devoir agir sur l’ensemble de mon process de ressalage qui me prend 1h. Après de lourds efforts dans l’eau pour affaler la gv, le gennaker roulé et le spi, j’enchaîne en mettant en place ma barre de redressage placée sous le mât puis je grimpe tout en haut du flotteur (4m de haut) afin de donner du mou au hauban afin d’incliner le mât. Je finis par m’accrocher au bout de la barre comme un chimpanzé, c’est à la 4eme tentative que j’arrive enfin à redresser le pur-sang. Il me faudra déployer des forces incroyables pour remonter à bord, le catamaran ne m’attendant pas pour repartir au galop. Le feu envahit aussitôt mon pilote automatique immergé, j’interviens pour éviter l’embrasement de mon cata. Il me faudra la journée du lendemain pour ranger, réparer et faire l’état des pièces perdues : pilote défectueux, perte du réchaud, couteau etc.

4ème jour, le vent monte peu à peu jusqu’ a atteindre 45 nœuds en rafales, le plus impressionnant c’est cette mer démontée et courte de 5 mètres qui pourrait réduire à néant mon bateau, je reste donc toute la nuit, durant 18h en vigilance permanente afin de gérer au mieux cette nouvelle tempête (je ne les compte plus depuis mon départ).

Contrairement à l’étape précédente, je termine avec pas mal de maladies de la peau et des éruptions assez violentes, j’espère que le dermato de Panama City va faire des miracles.

L’arrivée sur Panama est magique, j’ai du mal à réaliser que je viens de terminer un des 3 océans de mon défi, il m’est arrivé tellement de choses depuis mon départ des Sables d’Olonne et je suis toujours en vie.

Il va falloir attendre 4/5 jours afin de passer ce mythique Canal de Panama, cela va être vraiment impressionnant de franchir ces gigantesques écluses.

Merci à Roland et Jocelyne Croix du Sud 2, un couple suisse en vadrouille depuis 5ans qui m’ont accueilli sur leur bateau pour un repos bien mérite. »