Halte inopinée à Agadir

Après 9 jours de mer, à sec de vent et de nourriture…

Yvan et Vincent ont fini par prendre la décision de faire escale à Agadir avant de rallier Ténérife comme convenu. Une halte de 4-5 jours qui va leur permettre de se reposer et de préparer le bateau avant sa longue traversée de l’Atlantique.

Avec beaucoup de patience, nos deux skippers ont attendu l’arrivée des Alizés. Tantôt très faible, la plupart du temps inexistant, le vent a eu raison de leurs réserves mais également de leur fatigue. Car le bateau, bien qu’extrêmement solide a une fâcheuse tendance à tosser : «Il tape tellement fort que les vibrations sur la coque résonne dans nos corps.» explique Yvan pour qui le sommeil commence à manquer.

Travers* au large de Lisbonne, le vent tourne : « on a même mis le gennaker*! » note Yvan samedi soir. Route plein sud pour aller chercher les Alizées, le catamaran continue sa route, lentement mais surement… La présence de dauphins et celle d’un gros requin égayent la vie du bord. Tout comme la bonite pêchée par Vincent dimanche qu’il prépare avec un sachet de paella lyophilisée : «Une pure merveille !» s’exclame Yvan. Le soleil refait son apparition, le bateau prend l’allure d’un séchoir : les pieds sont sortis des bottes et les mains sèchent pour la première fois depuis le début de l’étape : «heureusement car elles commençaient à pourrir et il devenait difficile de tenir la barre !»

Heureusement le moral est toujours intact.

« Sur la fin, lors des 4 derniers jours, nous commencions à sérieusement bien trouver notre rythme à bord, à évoluer et à nous adapter. » apprécie Vincent.

Pourtant, la décision est prise dimanche 20 de faire une halte à Agadir : « On s’arrête à Agadir quelques jours, en prévoyant d’aller toujours à Santa Cruz, mais sur une escale très courte. Raison: pas de vent et plus de nourriture… »

Ce sont les mains gonflées par l’humidité, le frottement sur les bouts*, le sel et les embruns que nos aventuriers ont touchés terre au Maroc ce lundi 21 octobre. Le catamaran est sorti de l’eau pour un check up complet des coques et de l’accastillage. Quelques poulies, coutures et pièces sont à changer mais globalement le bateau n’a pas trop souffert de ses premières navigations à travers le Golfe de Gascogne et le long des côtes Espagnoles, Portugaises et Marocaines. Yvan et Vincent se reposent.

Départ prévu vendredi 25 octobre pour les Canaries.

« On espère ensuite repartir de Ténérife dès le 1er novembre avec un alizé qui semble établi. »

* Gennaker : voile d’avant intermédiaire entre le génois et la plus grande voile d’avant : le spinnaker. Le mot « gennaker »vient de la contraction de ces 2 voiles.
* Travers : le travers est une allure à laquelle le vent arrive à 90° du bateau. C’est par cette allure que les voiles creuses comme le gennaker ou le spinnaker sont sorties.
* Bouts : se dit des cordages qui servent entre autres à régler les voiles.

Voir également la vidéo de la pêche à la bonite