Corogne > Canaries : des conditions compliquées

Samedi 12 octobre, 8h22 TU. C’est dans un frêle vent de Nord-Est que nos deux skippers ont quitté la Corogne. Direction l’Île de Ténérife aux Canaries au vent arrière. Une navigation de 1 000 milles (1 850 km environ) qu’ils ont estimée pouvoir réaliser en 1 semaine. Premières complications : la gestion du froid, avec des températures la nuit proches de zéro mais également une météo incertaine à partir du Cap Finisterre.

Une traversée dominicale agitée

Dimanche 13 octobre, les conditions météo se sont renforcées, obligeant Yvan et Vincent à rester près des côtes et à naviguer sous 2 ris. 37 nœuds établis, 45 nœuds sous rafales, houle de 5 m : « Le vent s’est engouffré sous le trampoline et a cabré le bateau à la verticale, ce qui a failli nous coûter un chavirage » s’est exprimé Yvan en fin de journée. VHF hors d’usage mais le bateau est intact. « Incroyable au vue des conditions dantesques que nous venons d’affronter ! ». En fin de journée, le vent de secteur Nord-Ouest était retombé laissant une mer hachée et empêchant nos deux aventuriers de se reposer. « Le moral est bon, notre bateau se comporte bien, nous sommes contents ! » annonçait Yvan malgré tout !

Cap au Sud

Lundi 14 octobre. Toujours au près, dans un vent de Nord Ouest de 10 à 20 nœuds, Yvan et Vincent continuent de descendre le long des côtes portugaises le vent dans le nez. « On rêve de voir le bateau glisser mais ce n’est pas pour tout de suite ! » L’alternance de pétole et de baston joue sur les nerfs des deux skippers mais l’équipage tient bon : «  Nous allons bien, Vincent et Moi, malgré la fatigue qui se fait sentir. » Contactés dans la soirée, les garçons espéraient avoir des conditions météo plus clémentes passé Gibraltar.

Des conditions traumatisantes pour le catamaran du défi

Mardi 15 octobre. Le petit catamaran du défi d’Yvan Bourgnon tosse toujours dans la houle, face au vent. A chaque vague, le bateau tape et prend des coups mais semble résister aux éléments. « On a cassé une pièce mais on a réussi à réparer » annonce Yvan. Les deux skippers vont bien malgré le près incessant qui les empêche d’avancer et de surfer sur les vagues. « On arrive à dormir un minimum, on récupère  même si ce n’est pas très confortable ! Le bateau nous secoue comme des pruniers, on est obligés de s’attacher pour dormir et pour le reste, on fait comme on peut…  »

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le bateau du défi a parcouru 210 milles nautiques et navigue à 4 nœuds.