Le calme après la tempête

Mardi 15 octobre > 13:00 TU. Le bateau du défi d’Yvan Bourgnon longe toujours la côte portugaise. Direction le sud et la côte marocaine. 18:00 TU. Il est inlassablement au près et navigue à 7-8 nœuds. Après avoir essuyé un vent très fort la nuit précédente, Yvan et Vincent aperçoivent enfin le soleil ! Le moral des garçons reprend du tonus ! Physiquement tout va bien, même si leur peau commence déjà à donner des signes de faiblesse au niveau des mains et du cou, peu protégés du sel et des embruns. Psychologiquement, les garçons ont un mental d’acier malgré les éléments qui jouent depuis plusieurs heures avec leurs nerfs : « On alterne entre baston, pétole, vents contraires, passant de 0 à 20 nœuds. On n’a pas de prévision météo, on est pas forcément là au bon endroit au bon moment mais on s’adapte ! » S’exprime Yvan. Côté monture, le palan de grand voile (ce qui sert à régler la grand voile) a cassé la veille. La réparation de fortune semble tenir bon mais les deux navigateurs espèrent toujours un changement de vent pour libérer leur grand voile et tirer le moins possible sur leurs écoutes ! Dans la journée, les deux skippers découvrent une voie d’eau dans le caisson arrière gauche. 50 L d’eau sont embarqués par 24 heures, écopés uniquement par vent faible. « Rien de grave ! » rassurent-ils.

Mercredi 16 octobre > 4:15 TU. Lisbonne se rapproche. Le vent faiblit toujours passant à l’Ouest à présent. Les alizés se font sentir. A la tombée de la nuit, la vitesse du Défi est en petite augmentation avec près de 5 nœuds. Au passage des fameux spots de Peniche au Portugal, forts connus des surfeurs, Vincent se prend à rêver de glisse, de vagues et regrette presque d’avoir laissé sa planche à terre. Windsurfeur un jour, windsurfeur toujours ….. Accompagné par les dauphins, le petit cata de sport continue sa route plein sud.

Jeudi 17 octobre. Enfin les alizés ! Légers mais ils sont bien là ! Au portant sous spi, le Cap de San Vicente et la pointe de Gibraltar défilent en quelques heures. Ca glisse !  Nos deux cormorans profitent des rayons du soleil pour sécher leurs ailes. Un accro dans le spinnaker vient entâcher la matinée mais Yvan s’improvise voilier et la réparation est vite effectuée. Question voie d’eau, tout semble sous contrôle, les vivres commencent eux à diminuer sérieusement et les garçons s’apprêtent à réduire également leur consommation d’eau. « On est en forme ! » S’exclame Vincent radieux.

Vendredi 18 octobre. Le cata continue à descendre sur le Maroc. Les nouvelles sont bonnes à bord. A Douarnenez, les ministres qui devaient prendre la mer dimanche dernier sont contraints d’attendre les directives de l’organisation de la course pour prendre le départ. Ils rallieront eux aussi la Guadeloupe. Leurs bateaux de 6.50m (soit 20 cm de plus que le catamaran du défi d’Yvan Bourgnon !) croiseront-ils sur leur route Yvan et Vincent ? Affaire à suivre !